Mais voilà, c'est mon blog. Je peux bien écrire ce que je veux, vous n'avez pas besoin de lire si vous trouvez ça barbant.
Alors si vous me posiez, présentement, la fameuse question, je réponderais surement: "je me sens mal, j'ai l'impression d'avoir un cactus en moi." Oui, je ne me sens pas bien. Ne partez pas en peur, il ne s'agit pas d'H1N1 ou d'autre maladie physique. J'ai mal à mon âme. J'ai mal de ne plus avoir l'assurance que j'ai eue il y a quelques mois. J'ai mal de ne plus savoir qui je suis, ou même qui sont mes amis. J'en ai assez de rêver une vie libre et joyeuse à travers des yeux aveugles et solides. Je veux terminer cet enfer personnel, sortir de ma peau et visiter enfin celle que je me tue à créer à côté. Je veux une oreille, un calin, un bisou, un béquer bobo sur les plaies invisibles du désespoir que je nourrie à même mon coeur.
Il y a, dans ma famille, ce qui s'appelle le noyau. Quand ça va mal, on peut toujours se retourner vers ce noyau et hop, on a cette oreille, ce calin réconfortant qui remonte le moral facilement. En présence de deux des membres de ma famille, tout va bien. En présence des deux autres, mettons que ça pourrait être mieux. Et bien, après cette journée épuisante, grise et désespérante, je suis arrivée à la maison alors qu'un personnage positif partait et me laissait seule avec les deux personnages négatifs. Pas un seul mot ne m'a été adressé. Quelques regards, quand j'ai sorti le dessert. Comment puis-je me sentir bien quand dans ma propre maison, il n'y a plus de noyau familial?
Et tous ces couples, ces visages heureux, ces chansons d'amour... à chaque regard, je sens le clou s'enfoncer dans la plaie ingrate d'un secret mal gardé qui me sépare des autres. Voir les autres heureux me rend toujours plus déprimée, n'ayant pas la chance moi-même d'être de bonne humeur. Je crois que la maxime devrait être changée pour moi: le bonheur des uns fait le malheur des autres.
Je rêve, je pense, j'imagine, j'espère... je me replie sur moi-même en espérant voir un jour des mains entrer dans ma bulle et s'accrocher à ma carcasse vitreuse pour la sortir de sa douleur froide. J'ai mal, je ne peux plus vivre dans cette vie grise qui m'aspire. J'ai mal.